Nvidia vient d’investir dans Alice & Bob, future licorne française créée en 2020, qui développe un ordinateur quantique à partir de qubits supraconducteurs. L’opération intervient au moment où les grands acteurs technologiques cherchent à se positionner sur plusieurs segments du calcul quantique, sans savoir encore laquelle deviendra dominante.
Pour Nvidia, déjà présent au capital de QuEra, Quantinuum et PsiQuantum, l’investissement dans Alice & Bob est une diversification dans le continent européen et le quantique. Nvidia cherche à construire un écosystème hybride où processeurs classiques et processeurs quantiques fonctionneraient ensemble. Le groupe développe déjà CUDA-Q, sa plateforme dédiée au calcul quantique-classique, et a ouvert à Boston un centre de recherche consacré au sujet.
Plus généralement, l’informatique quantique est une technologie qui intéresse les Etats-Unis. Donald Trump a récemment annoncé plus de 2 milliards de dollars d’aides fédérales pour soutenir le secteur. Le gouvernement français a quant à lui décidé d’un investissement d’un milliard d’euros sur cette industrie quantique. Dans la foulée, IBM a gagné plus de 27 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon Euronews. Les investisseurs ne regardent donc plus le quantique comme un enjeu scientifique, mais comme un marché stratégique où se joueront la simulation, la cryptographie, la chimie, les matériaux, la finance et certaines briques de l’intelligence artificielle.
Alice & Bob fait partie des entreprises identifiées par le jury des Trophées des Futures Licornes et récompensée lors de l’édition 2025. Fondée par Théau Peronnin et Raphaël Lescanne, l’entreprise travaille sur des « qubits de chat », conçus pour réduire certaines erreurs qui limitent encore la fiabilité des calculs quantiques. L’entrée de Nvidia à son capital montre que nos futures licornes peuvent intéresser les meilleurs acteurs mondiaux du calcul grâce à leur utilité concrète et leur avance technologique. Impossible n’est pas français.
