Ce jeudi 20 mars, emlyon business school, partenaire des Trophées des Futures Licornes, a organisé la deuxième édition des Assises de la Finance Responsable à l’initiative de France Bachelot et de Jean-Pascal Brivady. Experts, chercheurs et acteurs économiques se sont retrouvés au cœur d’un contexte mondial particulièrement instable pour la finance responsable avec une administration Trump plus hostile aux critères extra-financiers.
Instable certes, mais imprévisible, voire risqué ? La distinction est fondamentale et avait déjà été théorisée en 1951 par l’économiste Frank Knight, et retrouve un intérêt face aux chocs géopolitiques, climatiques ou réglementaires. Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF, l’a souligné : intégrer ces incertitudes devient une compétence stratégique pour les acteurs économiques et financiers, donnant même naissance à de nouveaux postes stratégiques comme celui de Chief Geopolitical Officer qui s’intéresserait à ce qui est difficilement quantifiable avec des missions telles que la veille géopolitique proactive, la construction de scenarii…
Les incertitudes géopolitiques, d’ailleurs, n’ont jamais été aussi élevées selon les indices mondiaux. Pour y faire face, entreprises et institutions développent des outils prospectifs, à l’image des travaux de la chaire « Stratégie et Anthropocène » fondée par emlyon business school et Carbone 4.
Le secteur assurantiel illustre les limites du « business as usual » : chez Groupama, l’augmentation des sinistres liés au climat coûte déjà 120 millions d’euros par an. Et dans l’immobilier, les valeurs d’actifs se fragilisent face aux risques physiques comme à Givors, près de Lyon, secteur exposé aux inondations notamment.
La finance responsable peut encore durer, si elle est 100% réaliste et s’oriente vers les entreprises capables de modéliser leurs risques et d’appréhender au mieux l’imprévisible et qui deviendront les championnes de demain. Et parmi elles, les Futures Licornes françaises, déjà matures, déjà les deux pieds dans le réel, et déjà bien armées pour continuer de grandir. Impossible n’est pas français.